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Qui s’en fiche de « développer son potentiel » ?!

par | Mar 31, 2018 | Blog | 0 commentaires

J’ai eu une chouette conversation avec un ami récemment, lors d’une visite à Rennes (spéciale cace-dédi, Joël !) où on s’étonnait de la quantité de livres qui remplissent les étagères de nombre de librairies chrétiennes qui concernent le développement de soi. On se disait que quand on lit la Bible et les accents et les emphases du Livre des livres, comment peut-on justifier que tant d’auteurs chrétiens se penchent sur ce type de thèmes.

Alors bon, c’est vendeur… Ca, c’est sûr ! Mais qu’est-ce que ça révèle sur nous, nos priorités, et le prisme à travers lequel on voit l’Evangile ?

Maximise ton potentiel…

Autant, je m’attends à trouver ce genre de thèmes dans les gares SNCF de notre beau pays. Autant, le développement de soi ne me paraît pas être une notion qui revient dans les Ecritures. « Crois en toi-même ! » « Tu peux y arriver ! » « Pense positif ! »

Je veux dire, lâchez-nous les baskets avec cette pensée du siècle présent qui est en fait l’antithèse de la pensée biblique.

Alors pas qu’il faille viser la médiocrité, ou que nous soyons appelés à ne rien faire pour faire fructifier la vie de Dieu présente en nous par son Esprit. Pas que la vie qu’il nous propose est une vie de pénurie. En Christ, nous trouvons bien une vie abondante. Pleine, entière, débordante. La vraie vie. La seule qui vaille.

Mais d’abord ce n’est pas la focalisation de la Bible ; et deuxièmement, quand bien même ce type de démarche deviendrait un objectif à atteindre, la Bible nous offre une façon de l’aborder qui prend le contre-pied total de notre intuition humaine.

1. La focalisation de la Bible

La Bible se focalise sur Dieu. Sa personne, sa volonté, son plan, son action, sa domination et sa gloire. Nous avons réussi à faire même de l’Evangile quelque chose qui nous concerne d’abord nous (l’Evangile, nous dit-on, c’est que nous pouvons être pardonnés de nos péchés par la mort de Jésus pour nous).

L’Evangile, la Bonne Nouvelle, c’est que le vrai Dieu – le Dieu bon et juste – a regagné l’autorité et la domination, la royauté, sur toute la création et sur Satan en triomphant de lui par sa mort et sa résurrection. Nous sommes appelés à nous réclamer de lui, à courir à lui et à nous soumettre à lui par la foi/fidélité en/à lui. C’est en faisant cela que nous acquerrons l’acquittement de nos fautes. Notre réponse à l’Evangile indique si ce Roi nous sera favorable ou défavorable. Mais la Bonne Nouvelle concernant Jésus, c’est qu’il est bien le Roi de l’Univers entier.

Le type de développement que la Bible attend de nous, c’est que nous devenions semblables à Jésus. La Bible veut nous voir atteindre « la mesure de la stature parfaite de Christ. » (Ep 4.13) Ce que nous cherchons à faire, en faisant des disciples, c’est voir Christ formé dans la vie des autres (Gal 4.19).

2. Le développement de soi biblique

Ainsi, nous ne cherchons pas à développer notre potentiel. Nous cherchons à mourir à nous mêmes, et voir le potentiel de Jésus être pleinement manifesté à travers nous.

Curieusement, alors que nous fixons nos yeux sur Jésus, plus que sur nous-mêmes, notre âme grandit ; notre coeur est transformé à sa ressemblance.

La réalité est celle-ci : nous ne cherchons pas à nous développer nous-mêmes. Nous cherchons en réalité à faire mourir ce qui correspond à nous, et à voir la personne de Jésus grandir en nous.

Tout don spirituel a été exercé par Jésus en premier lieu ; et nous devons chercher à atteindre plus de ressemblance à Christ dans l’usage de ses dons. Tout ministère a été exercé par Jésus en premier lieu (il est l’apôtre, le prophète, l’évangéliste, et de le berger et enseignant par excellence). Nous devons chercher à grandir dans la pleine ressemblance à Jésus en devenant plus apostolique, prophétique, évangélistique, pastoral et apte à enseigner, en visant une ressemblance aussi totale que possible à Jésus. Il est celui qui a l’onction (« Christos » signifie « oint » en grec ; et « Messie » signifie « oint » en Hébreu). Nous n’avons d’onction que dans notre participation et ressemblance à Christ. Nous pouvons vivre dans nos propre forces. Ou bien nous pouvons faire tout ce que nous faisons en nous reposant sur sa force agissant en nous. C’est ça agir dans l’onction.

Bref, nous ne visons pas le développement de soi. Nous visons la croissance de Jésus ; de la stature de son corps ici sur terre. Et nous faisons cela en restant fermement attaché à la tête, faisant de lui notre priorité abosule.

Et vous savez quoi (au risque de finir cet article avec une clé pour votre développement personnel !) ? C’est lorsque vous regardez à Jésus et en courrant après lui, vous délestant de tout le reste – de toutes ces choses qui vous retiennent – que vous allez trouver, quelques années en aval, en regardant votre vie, que vous avez vraiment maximisé votre potentiel.

C’est en pardant sa vie qu’on la gagne. Gagner la vie n’est même pas la focalisation. Ce n’est pas le but. Ce n’est pas la motivation ultuime. La motivation ultime, c’est l’amour pour Jésus et l’abandon de tout le reste pour le suivre lui. Mais si vous vivez avec une vie perdue, adonnée entièrement à notre merveilleux Jésus, vous trouverez qu’en réalité, vous l’avez trouvée réellement.

Donc peut-être qu’il est temps d’arrêter de lire des livres sur comment développer son potentiel, et de commencer à lire des livres sur comment perdre sa vie au profit de Jésus. Après tout, voilà la méthode biblique pour le développement de votre potentiel. Sauf que vous ne vous limitez plus à votre potentiel. Vous vous positionnez pour développer son potentiel dans votre vie.

Et ça, c’est franchement mieux qu’une petite méthode corporate déguisée en vocabulaire biblique. 🙂