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Faites des disciples, qu’ils disaient !

par | Fév 23, 2018 | Blog | 0 commentaires

A la rentrée dernière, nous avons accueilli chez nous les premières personnes à nous rejoindre sur notre projet d’implantation d’église. Ces gens sont de vrais héros pour nous. Ils ont tout fait et tout vu dans leur vie. Ils ont commencé un institut biblique, ils ont commencé des églises dans un des contextes les plus difficiles imaginables. Ils ont une qualité apostolique pour des nouveaux croyants et de nouvelles communautés de croyants dans un pays où la persécution fait rage. Et nous voilà à table avec eux, à rêver à l’avenir de l’Evangile de Jésus à Paris. « Alors Nathan, c’est quoi le plan ? »

La réalité, c’est que je ne sais pas quel est le plan. « Je sais pas… » (Il y a des gens avec qui on ne baratine pas). « Je ne sais pas. Mais il y a juste une phrase qui me revient depuis les tout-débuts. C’est tout ce qu’on a. Voici ce qui brûle dans nos coeurs : ‘une église qui implante des églises qui implantent des églises ; composée de disciples qui font des disciples qui font des disciples.’ C’est tout ce qu’on a pour l’instant. »

Et les voilà qui me disent : « Excellent. On espérait vraiment que c’était ce genre de choses-là que t’allais dire. »

Ils poursuivent en nous disant la chose suivante : « est-ce que tu as remarqué que le Nouveau Testament ne parle jamais d’implantation d’église ? »

En réalité, non. J’avais plutôt remarqué tout l’inverse. C’est en voyant tout le Nouveau Testament comme une grande histoire concernant l’implantation d’églises qu’elle a le plus de sens pour moi. Et puis je suis en train d’implanter une église, très joyeux de faire partie d’une grande famille qui a une énorme vision pour l’implantation d’églises. Ne t’avise pas à me faire changer d’avis là-dessus !

Mais je suis poli, donc je le laisse finir.

« Alors attention, le Nouveau Testament est une histoire entière sur l’implantation d’églises… » (Ah, ouf !) « Mais il n’est jamais parlé d’implantation d’églises. »

Là ça m’intéresse.

« En fait, Jésus a dit ‘tout pouvoir m’a été donné dans les cieux et sur la terre. Maintenant allez non pas implanter des églises. Plutôt, maintenant allez faire des disciples.’ Et forcément, bibliquement, on fait des disciples en communauté. Et ces communautés de disciples sont ce qu’on a fini par appeler l’église. Mais l’accent était toujours sur les disciples. Pas sur l’église. »

Ils ont poursuivi en nous expliquant que si on met l’accent sur l’implantation d’une église, les gens vont nous dire : « Alors, vous-vous réunissez où ? C’est quand le culte ? Ca va être quoi votre structure ? etc. »

L’accent doit toujours être sur le fait de faire des disciples. L’église doit être structurée autour de cela, plutôt que de vivre le discipulat comme une des activités de l’église parmi d’autres.

Faire des disciples, c’est du travail. Du travail de longue haleine. Les fruits ne sont pas visibles immédiatement. Ca demande de l’engagement, du dévouement, et c’est pas toujours très funky.

Mais c’est cela que Jésus demande de nous. J’ai envie de vous mettre au défi : est-ce que vous faites des disciples ? Est-ce que c’est ça le coeur de votre vie et de votre activité chrétienne ? Si vous êtes leaders d’église, votre activité doit pouvoir se résumer à ceci : « nous faisons ce que nous faisons en obéissance au commandement de Jésus de faire des disciples – et voici à quoi cela ressemble pour nous. » Et demandez-vous si ce que vous faites aujourd’hui est la façon la plus efficace et la plus obéissante de le faire. Si vous pensez implanter une église, demandez-vous comment le faire de telle sorte à ce que le discipulat soit votre focalisation dès le départ – et qu’il le demeure, plutôt que de finir par vous laisser engloutir par le maintien d’une structure.

J’ai envie de partager trois clés qui me paraissent absolument essentielles dans une culture d’église qui prend au sérieux l’appel à faire des disciples :

 

1. Qu’est-ce qu’on y fait ?

 

a. La communauté

Une église qui met l’accent sur le discipulat travaillera dur à développer une vie communautaire forte. Nous cherchons en fait à bâtir une société alternative au sein de la société. Une société dans laquelle nous cherchons à développer de façon très visible et intentionnelle tous les passages où le Nouveau Testament utilise le mot grec allelôn (« les uns les autres »). C’est cette communauté qui fera des disciples des nouveaux venus. L’église toute entière est la puissance qui va transformer d’autres individus.

 

b. La mission

Mais la communauté de disciples ensemble, vivant la belle utopie décrite dans le livre des Actes ne nous suffit pas. Nous sommes un peuple, une famille. Mais pas que. Nous sommes une famille ensemble en mission. Nous avons une cause dans ce monde : faire rayonner la renomée de Jésus, en paroles et en actes. Des paroles qui déclarent la beauté et la valeur de Jésus, qui proclament sa biographie entière et qui cherchent à en expliquer le sens : incarnation, vie, crucifixion, résurrection, ascension. Nous devons parler de cette réalité aux gens qui vivent, sans le savoir, dans le monde dirigé par ce Jésus avant qu’ils ne viennent à le rencontrer en face-à-face sans que nous ne les y ayons préparé. Et nos actes doivent être des actes de compassion et de puissance, qui viennent appuyer et donner de la chair à nos paroles.

 

2. Comment s’y sent-on ?

Quelle est la texture, la culture, l’atmosphère de cette communauté de disciples en mission ? Mike Breen dit que la clé est de devenir une famille. Cette atmosphère de famille a deux composantes :

 

a. Accueil radical

Les gens dans nos communautés doivent savoir qu’ils y appartiennent avant même qu’ils manifestent le type de vie que nous prêchons et modelons. Tout le monde est bienvenu, tels qu’ils sont. Il n’y a pas de préférence, de ragots, d’esprit de parti, de rivalité. Nous sommes le peuple multicolore de Dieu, cherchant à entrer tous ensemble dans une plus grande ressemblance à Christ, sans qu’aucun de nous ait déjà atteint cette pleine stature de totale maturité en Christ. Et nous accueillons donc tout le monde.

 

b. Défi radical

Et nous mettons tout le monde au défi. On ne peut pas rentrer dans une routine ou un train-train dans une communauté de disciples. Chaque jour et chaque semaine doivent apporter des défis nouveaux en termes de croissance personnelle et de mission. Personne ne peut se permettre d’être statique. Et personne ne peut donner d’excuses. Comme Paul nous y encourage, la vie de disciples consiste à courir. Courir ! Comme pour gagner un prix. Sachant que nous ne l’avons pas encore remporté. Sachant que ce monde n’est pas encore sauvé. Sachant que nous avons encore du chemin à parcourir pour nous rapprocher de la pleine stature de notre bien-aimé Christ.

 

3. Quels sont nos outils ?

Nous ne sommes pas livrés à nous-mêmes dans cette tâche. Dieu nous a donné tout ce dont nous avons besoin pour grandir dans la vie et la piété.

 

a. La Bible

Il nous a donné la révélation parfaite de sa personne, en son Fils, de qui parlent toutes les Ecritures. Nous avons des Ecritures inspirées par le Dieu de l’univers qui nous enseignent à prendre notre exemple sur Jésus. Une communauté de disciples mettra un accent énorme sur la lecture personnelle de la Bible. Nous nous attendrons à ce que tout le monde mette toutes les chances de son côté pour devenir un disciple de Jésus, en écoutant tout ce que Dieu a voulu nous dire à travers sa révélation.

 

b. Le Saint-Esprit

Et enfin, il habite en nous par l’Esprit. Et nous sommes appelés à grandir en lui par la vie de l’Esprit agissant en nous. La plénitude de l’Esprit était la différence clé entre la bande de personnes un peu lâches et louches que Jésus a laissé sur terre ; et ceux qui ont mis l’Empire Romain sens dessus-dessous. Nous avons la même personne et sa même puissance à disposition. Je n’ai aucun espoir concernant la transformation de la ville de Paris aux mains de quelques soi-disant disciples si nous n’avons pas la plénitude de l’Esprit en nous. Donc mon outil personnel est l’imposition fréquente des mains pour une plénitude fraîche de l’Esprit en chaque disciple ; ainsi qu’enseigner à chacun à se laisser personnellement remplir chaque jour. Si nous faisons ça, il est non-seulement possible, mais probable que nous verrons notre ville changée.

 

Conclusion

Six choses donc. Trois binômes. Une communauté ensemble en mission, forte dans la Parole et vivante par l’Esprit qui accueillent tout le monde et visent la transformation chez chacun par une vie de défi.