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Y’a comme un truc qui cloche…

par | Fév 8, 2018 | Blog | 0 commentaires

Venir le dimanche, comme tous les autres. S’asseoir. Peut-être faire une petite prière. Saluer des amis. Echanger quelques petites phrases sur le boulot, « ouais, ça va. Un peu crevé là, mais on fait aller ». Voir des gens s’avancer sur une scène et commencer à chanter. Chanter. Peut-être ressentir un truc. Se dire que c’était plutôt réussi et que les musiciens sont vraiment bons. Ecouter quelqu’un. Être d’accord. Parfois pas trop, et s’agacer un peu. Ne pas être sûr où le message veut en venir. Peut-être s’avancer pour prier. Peut-être verser une larme. Peut-être ressentir un truc. Peut-être prendre une décision. Reprendre ses affaires. Partir et rentrer chez soi. Et la semaine suivante, on recommence.

L’église…

Pour des centaines et des milliers de chrétiens dans mon pays, voilà ce que veut dire l’église. Pour certains, c’est peut-être un peu mieux que ça. Peut-être que le prédicateur chez vous envoie vraiment le feu. Peut-être que vous allez prendre l’apéro avec des gens après la rencontre. Peut-être que vous avez une rencontre en semaine aussi. Peut-être. Ou pour d’autres, ce que je viens de décrire semble même être mieux que leur expérience… Parler à des gens avant le début de la réunion ? Quel rêve !

Mais y’a un truc qui cloche quand même sévèrement là ! Parce que quand j’ouvre les pages du Nouveau Testament, je vois une réalité complètement différente. Alors ne nous y trompons pas : on voit des réunions, on voit de la louange communautaire, chantée. On voit de la prédication et de l’enseignement. Parfois longue. Très longue ! Mais ces choses sont insérées dans un contexte bien plus grand de ce qu’est l’église.

Depuis maintenant plusieurs mois, nous sommes entrés dans une saison d’implantation d’église (et on se demande si ce ne sera qu’une saison, ou si ça deviendra un mode de vie). Dans cette saison, les grosses questions que nous nous posons concernent les fondations. La base. Qu’est-ce qu’on place dans une église au niveau de son essence.

Et plus ça va, et plus on se dit que la réunion hebdomadaire n’est pas la base. C’est pas le coeur. C’est un moyen vers une fin. Parce que l’église c’est tous les jours. Et plus ça va, et plus l’image du pasteur qui fait son show tous les dimanches, et qui monopolise le micro du début à la fin ça nous semble incongru. Et on se dit que la célébration n’est pas un temps pour faire un petit service religieux que chacun vient siroter mais un temps de connexion. Lisez plutôt :

Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières. La crainte s’emparait de chacun et il se faisait beaucoup de prodiges et de signes miraculeux par l’intermédiaire des apôtres. Tous ceux qui croyaient étaient ensemble et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et ils en partageaient le produit entre tous, en fonction des besoins. Chaque jour, avec persévérance, ils se retrouvaient d’un commun accord au temple; ils rompaient le pain dans les maisons et ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise ceux qui étaient sauvés.

 

Actes des Apôtres 2.42-47

Je veux dire, c’est ça que je veux vivre : une communauté de frères et de soeurs, unis autour de l’Evangile, simple, fraîche, authentique et distinctive. Des gens qui se donnent les uns aux autres de façon entière et qui multiplient cela autour d’eux. Des gens dont la maison est ouverte, qui vivent la puissance du Royaume en paroles et en actes.

C’est ça l’église. Pas une organisation. Pas une association. Pas une réunion. Un peuple qui s’aime et qui aime Jésus.

Finalement, l’église c’est simple. Pas besoin d’une sono, d’une équipe de vidéoprojection, etc… Juste un salon, du pain, du vin, des Bibles et des coeurs ouverts.

Voilà ce que j’ai envie d’implanter, et voilà ce que j’ai envie de multiplier. Et je ne pense pas que ça vienne de moi. Je suis naturellement beaucoup plus attiré vers la grande foule et la grande organisation. Mais quand j’ouvre ma Bible, je vois l’église comme quelque chose de tellement plus simple. Et c’est de par cette simplicité que le monde sera changé.