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Ceci est un article qui constitue une mega-série sur la lettre de Paul aux Romains. Pour trouver tous les autres articles, cliquez sur le Tag “Romains” en bas de cet article.

 

Nous commençons avec 3 articles d’introduction à la lettre : quand est-ce qu’elle a été écrite, par qui, pourquoi, etc.

Auteur

La lettre aux Romains est signée de la main de Paul (1.1). Il s’y présente comme “Paul, serviteur de Jésus-Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu”. Il n’y a que dans la lettre aux Philippiens, les lettres aux Thessaloniciens et la lettre à Philémon que Paul ne se présente pas explicitement comme apôtre ; c’est dire l’importance capitale que ce fait avait dans son identité.

Ce Paul est la même personne que Saul de Tarse, dont la conversion est racontée en Actes 9.1-19. Après plusieurs années à Damas, où il se rendait au moment de sa conversion, Paul va à Jérusalem pour y rencontrer les apôtres. Il y noue des liens avec Barnabas, qui le prend sous son aile lors d’une mission à Antioche, et Saul devient Paul. Il commence alors à voyager et à implanter et fortifier des Églises, en tant que membre de l’équipe apostolique de Barnabas (Ac 13-14).

C’est en Actes 15.36 que Paul devient responsable apostolique à part entière, alors qu’il se sépare de Barnabas, et prend Silas avec lui pour son deuxième voyage missionnaire. Nous sommes alors en l’an 50 environ, soit 20 ans après la mort de Jésus, et 15 ans après la conversion de Paul. Ses premières lettres s’adresseront, quelques années plus tard, aux Galates et aux Thessaloniciens. Cependant, selon beaucoup, sa lettre aux Romains est son œuvre magistrale.

Récepteurs

Les récepteurs de cette lettre sont les membres de l’Église à Rome. Il n’est pas certain comment l’Évangile se soit propagé jusque dans la capitale de l’Empire romain. Bien des spécialistes estiment que ce soient de Juifs, convertis dans les premières années du Christianisme à Jérusalem qui se soient rendus à Rome et y ont commencé une Église. Il se pourrait même que ce soient certains des “Juifs pieux venus de toutes les nations” (Ac 2.5) convertis le jour de la Pentecôte, qui, une fois rentrés à Rome, ont commencé à se réunir, tout unis qu’ils étaient par leur espérance nouvelle en Christ.

Il se pourrait également que cette Église soit le fruit du ministère de Aquilas et Priscille. Ce couple extraordinaire a rencontré Paul à Corinthe (Ac 18.1-3). Paul semble avoir eu un fort impact sur eux, car ils l’ont suivi ensuite à Éphèse (Ac 18.18-19), où ils se sont retrouvés à enseigner Apollos, un Juif hellénistique très éloquent (Ac 18.24-26). Priscille et Aquilas étaient en fait originaires de Rome, mais ils s’en sont fait expulser à cause du fait qu’ils étaient Juifs (Ac 18.2). Il semble bien qu’ils y soient retournés, lorsque la loi d’expulsion des Juifs a été levée en 54, à la mort de l’empereur Claude. Nous apprenons en effet en Romains 16.3-5 qu’ils sont à nouveau basés à Rome, et qu’une Église se réunit dans leur maison. Etant donné l’impact que Paul a eu sur eux en si peu de temps, leur aptitude à enseigner et à équiper Apollos, et le fait qu’une Église se réunissait chez eux, il est très possible que ce soit eux qui soient à l’origine de l’arrivée de l’Évangile à Rome et de l’implantation des premières communautés.

L’Église avait donc certainement des Juifs à l’origine de son implantation. Ceci s’accorde avec ce que dit Ambrosiaster : “ils ont accepté la foi de Christ, bien que selon le rite Juif” (1). Cependant, comme partout, la bonne nouvelle de Jésus-Christ n’a simplement pas pu rester cantonnée aux seuls Juifs, et de nombreux païens se sont rajoutés au nombre des chrétiens à Rome, comme en témoigne la liste de noms que Paul mentionne en fin de lettre (16.3-16). Il ne serait pas étonnant que Paul s’adresse à l’Église à Rome en tant que référent apostolique, comme Aquilas et Priscille semblent avoir été formés sous Paul, et devaient faire recours à lui et à son don apostolique pour intervenir auprès de cette communauté.

C’est cette dernière hypothèse qui me semble être la plus probable.

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Note :
(1) Nom donné par Érasme (15-16e siècles) à l’auteur inconnu d’un commentaire sur la lettre de Paul aux Romains, datant du 4e siècle. (retour au texte1)