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Vous avez reçu une parole prophétique dernièrement. Elle a résonné dans votre coeur. D’autres personnes l’ont confirmé. Extra ! Dieu vous a parlé de façon directe, personnelle et individuelle. Pour aujourd’hui. Et pour demain. Et vous avez la certitude que ça va arriver.

A partir de ce moment, quelle doit être l’attitude du chrétien par rapport à cette parole ? Si Dieu a parlé, c’est certain que ça va arriver. Donc je n’ai qu’à attendre, non ? Parce que si j’agis en poussant des portes qui vont dans le sens de ce que Dieu m’a dit, c’est comme si je ne fais pas confiance à Dieu, non ? Et puis ça ressemblerait trop à une prophétie auto-réalisée, non ? Après tout, si moi j’agis clairement dans le sens de l’accomplissement de la parole, et qu’elle s’accomplit, les gens pourront dire que ce n’était pas Dieu, mais moi qui ai produit le résultat espéré.

Je dis toujours que beaucoup de chrétiens ne voient pas de miracles parce qu’ils vivent leur vie de façon telle à ne pas avoir besoin de miracle ! Ils ne prennent jamais de risque de foi, et leur vie est si fortement gérée par eux mêmes qu’ils ne laissent jamais de place pour le miraculeux. En agissant dans le sens de la prophétie, on pourrait dire que c’est le même symptôme. On ne vit pas de miracles parce qu’on est trop actifs.

Jésus est quelqu’un qui a eu plein de paroles prophétiques sur sa vie – l’Ancien Testament en est rempli. La majorité de ces prophéties ont été accomplies sans qu’il ait quelque implication que ce soit dans la réalisation de celle-ci (lieu de naissance, façon de mourir, résurrection…)

Mais il n’a pas non plus hésité, par moments, à agir pour que la prophétie s’accomplisse. En voici un exemple frappant.

1. Le récit du dimanche des rameaux (Matthieu 21.1-7)

Le dimanche des rameaux, Jésus, sachant que son heure était venue, monte à Jérusalem. Il était très conscient de la prophétie qui annonçait qu’il allait monter à la ville de David sur le dos d’un âne. Mais plutôt que de laisser venir l’accomplissement de la prophétie, il décide de lui-même de monter sur un âne. Plus encore : il se met à la recherche d’un âne. Mais plus : il demande littéralement aux disciples d’aller trouver un âne. Il aurait pu leur demander une monture, un moyen de transport neutre, et voir s’ils venaient avec un âne. Il aurait pu rester passif et attendre que quelqu’un vienne lui proposer un âne – que la porte s’ouvre d’elle-même, pour ainsi dire.

Mais Jésus sait que ce n’est pas toujours comme ça que le prophétique se réalise.

2. La prophétie et l’action

Lorsque Dieu nous dit quelque chose, c’est aussi pour notre action. Il nous parle d’une certaine réalité parce qu’il veut que l’on se mette à agir d’une certaine façon. Il veut que l’on aille vers l’accomplissement. J’ai un bon ami à qui Dieu avait dit il y a peu de temps de déménager – très clairement : des portes qui s’ouvrent, le coeur qui résonne, des paroles prophétiques publiques qui viennent le confirmer. Pour ensuite se voir dire par le même Dieu de faire machine arrière, un an et demie plus tard, et de ne pas partir. Avec confirmation du coeur, des portes qui s’ouvrent et des paroles prophétiques à l’appui ! Ce que Dieu voulait, c’était que ce cher ami chemine, parce qu’il savait que c’était sur ce chemin et aucun autre qu’il allait pouvoir apprendre ce qu’il avait à lui enseigner.

3. Et le miraculeux dans tout ça ?

Et le plus fou dans cette histoire, c’est que le Père donne à Jésus et à ses disciples de vivre un miracle au sein même de cette démarche. Jésus avance très nettement vers l’accomplissement d’une prophétie. C’est patent, c’est gros comme le nez de Depardieu, c’est vendu, téléphoné, mis en scène ! Mais c’est justement en prenant des pas de foi actifs que Jésus se positionne, et positionne ses disciples pour le miraculeux. Si Jésus ne demande pas cela à ses disciples, ils ne vivent jamais l’aventure de dire une phrase cryptique à un propriétaire de bétail et ressortir de l’étable avec un âne en main…

Parfois, on reste passif face aux choses que Dieu nous demande de faire, et on le déguise sous un voile de spiritualité (“je veux laisser Dieu ouvrir la porte pour moi, plutôt que de m’interposer”, “Je veux laisser Dieu être Dieu – il saura trouver le moyen d’accomplir sa parole”…) alors qu’en fait, c’est un manque de courage devant Dieu et devant les hommes qui est en train d’être révélé. Chrétiens, ne laissons jamais le prophétique être une excuse pour la passivité. Si Jésus a “mis en scène” l’accomplissement d’un miracle, je pense qu’un ou deux coups de fil, un ou deux risques de foi, une ou deux décisions actives et responsables ne sont pas anti-spirituelles – bien au contraire.